La rénovation de la chapelle destinée au Père Lataste

(novembre 2010)

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Mot d’accueil de la Prieure Générale lors de la bénédiction, le 13 novembre 2010.

Père Evêque, Monsieur le Maire, Vous tous, chers amis du Père Lataste et de Béthanie, Mes chers Frères et Sœurs,

C’est avec grande joie que je vous souhaite très cordialement la bienvenue à Béthanie-Montferrand. Oui, les sœurs et moi-même sommes très heureuses des vous accueillir aujourd’hui pour ce rassemblement autour de notre Fondateur, le Père Marie Jean Joseph Lataste.

C’est en son honneur que nous avons entrepris la rénovation d’une nouvelle chapelle, la transformation de l’ancienne chapelle des hôtes pour en faire un lieu digne de lui, un lieu de méditation et de prière. Il y a deux semaines que les restes de ce bon Père ont été transférés de notre chapelle dans celle-ci, une cérémonie émouvante pour toutes nos Sœurs présentes.

Pourquoi avons-nous entrepris ce gros travail avec un chantier coûteux, bien bruyant et poussiéreux, avec un grand investissement de temps et d’énergie ? J’ai admiré avec quelle patience, quelle sérénité et même quelle joie nos sœurs anciennes ont accompagné ces travaux, et je leur en suis très reconnaissante.

Et ce bon Père Lataste : c’est sa quatrième tombe. On pourrait dire qu’on ne le laisse tranquille nulle part !

Pourquoi tout cela ? Peu de temps avant sa mort à Frasnes-le-Château, dans la première Maison de Béthanie, le Père Lataste a exprimé à sa Cofondatrice, Mère Henri-Dominique ce souhait : « Si vous quittez ce lieu, vous emporterez mes os avec vous. » Ce souhait, n’exprime-t-il pas le grand amour du Père pour nous, pour ses filles ? C’est ainsi qu’il a été transféré en janvier 1870 au cimetière du couvent de Montferrand. La pierre tombale avec l’inscription « consummatus in brevi explevit tempora multa » y est toujours.

En 1937, au moment de l’ouverture de l’enquête pour une éventuelle béatification, ses restes ont été transférés dans la chapelle construite par la Cofondatrice Mère Henri-Dominique, qui a continué son œuvre après sa mort. Depuis, sa tombe se trouvait au centre, au milieu de nous, ses filles, et combien de prières lui ont été adressées sur cette tombe, combien de demandes, de soucis, de supplications y ont été déposés. Et nous étions fières, je pense avec raison, d’avoir sa tombe si proche, parmi nous.

Et pourtant, le rayonnement d’un Saint, avec une spiritualité si forte, ne peut rester enfermé dans les murs d’un cloître. Le message de l’Amour miséricordieux du Seigneur, tel que le Père Lataste l’a prêché aux détenues de Cadillac, a la puissance d’abattre les murs et de se répandre partout, de traverser l’océan pour toucher des cœurs parfois blessés, meurtris ou tout simplement désireux d’amour.

N’a-t-il pas dit lui-même : « Je serais bien heureux de recevoir un jour le ministère d’Apôtre des prisons, prisons d’hommes et prisons de femmes ». C’est ainsi que le titre de Fondateur de Béthanie, s’est transformé peu à peu en Apôtre des prisons, Apôtre de la Miséricorde, et le petit Béthanie s’est élargi en grande famille Lataste avec des membres, des amis presque sur tous les continents.

Au moment du transfert de ses restes dans la nouvelle chapelle, j’ai ressenti l’ évolution de notre sensibilité de sœurs de Béthanie : laisser partir notre cher Père de l’intimité de la chapelle des sœurs pour le donner à une nouvelle famille beaucoup plus grande que Béthanie, pour le donner à tous ceux et celles qui ont été touchés par lui ou par son message.

Notre souhait a grandi : que cette nouvelle chapelle devienne le centre de cette grande famille Lataste où chacun et chacune puisse venir s’agenouiller devant sa tombe, prier, méditer, y déposer ce qui est caché dans son cœur, ou tout simplement y rester en silence et se reposer auprès d’un Père qui nous aime.

L’artiste, Jean Marc Cérino a bien su symboliser cette famille Lataste par des auto-portraits de personnes aux visages très divers, par des auto-portraits de membres de cette famille qui sont présents quand nous y prions. Nous pouvons y trouver des sœurs, les unes venant d’un passé sans histoire, à côté peut-être d’autres venant de prison ou de la prostitution. Le Père Lataste disait : « La main qui a relevé les unes est la même qui a préservé les autres ».

Nous pouvons y voir aussi des visages de détenus de la prison de Norfolk, aux U.S.A., qui ont été saisis par le message du Père Lataste. Convertis, ils vivent aujourd’hui leur détention en s’étant engagés dans le Tiers Ordre Dominicain. Ce sont nos Frères de la communauté de Norfolk dont la prison s’est transformée « presqu’en couvent » !. Il y en a qui sont condamnés jusqu’à la mort et qui ont trouvé une paix, une sérénité et même une certaine joie profonde de pouvoir donner leur vie au Seigneur.

Parmi ces portraits, nous trouvons d’autres personnes, dont le visage cache le secret de leur vie. Sur le grand vitrail, il y a Marie Magdeleine, la pécheresse convertie, patronne de Béthanie et de cette grande famille Lataste. C’est devant cette femme qui est devenue le premier témoin de la Résurrection du Christ, que le Père Lataste a pu s’exclamer : « Il est donc vrai que les plus grands pécheurs, les plus grandes pécheresses ont en eux ce qui fait les plus grands saints : qui sait s’ils ne le deviendront pas un jour. »

Chers Amis de notre Père Marie-Jean-Joseph, voilà la grande famille rassemblée autour de sa nouvelle tombe, dans ce nouveau lieu ouvert à tous et à toutes, à chacun et chacune qui désire y venir pour se recueillir, pour y prier, pour y rencontrer ce grand Vénérable.

Une grande joie nous habite aujourd’hui, et comme je souhaite que cette joie trouve bientôt son accomplissement dans la béatification de ce bon Père comme Apôtre des prisons, comme Apôtre de la miséricorde !